Mode et habillement

La mode et l’habillement se réinventent

Si on la comparait au PIB des pays, l’industrie de la mode et de l’habillement serait la septième plus grande économie au monde. La Chine, les États-Unis et l’Europe restent en tête des ventes, mais la consommation poursuit son essor dans les pays en développement, avec de nombreuses implications en termes de styles, de tailles et de bien-aller.

 

En volume, plus de la moitié des vêtements vendus en 2016 l’a été en Asie-Pacifique. La région devrait voir ses ventes progresser de $ 491 milliards en 2016 à $ 606 milliards en 2020, soit 37% de la valeur du marché mondial. Entre 2010 et 2020, les ventes devraient augmenter de 85% en Asie-Pacifique, 31% en Amérique du Nord et 10% en Europe de l’Ouest. Les segments en plus forte croissance seront le sport, le fast fashion et le luxe abordable.
 

La production mondiale devrait atteindre plus de 129 milliards d’unités en 2018 pour répondre à une demande en constante progression.

 

La manière dont la mode est créée, développée, produite et consommée poursuit sa mutation. Le consommateur fait désormais partie intégrante de la chaîne de valeur d’une industrie en pleine réinvention. Pour se différencier et accroître leur rentabilité, les marques misent sur la créativité, le bien-aller et l’accélération des collections. Leur succès repose sans cesse davantage sur l’exploitation et l’analyse des données.

Les fabricants se montrent quant à eux de plus en plus enclins à étendre leur activité, en se lançant notamment dans la personnalisation de vêtements ou le développement de marques propres. Ils n’en gardent pas moins les yeux rivés sur leurs objectifs de marges, ce qui les incite à rationaliser leurs processus et à mieux contrôler les coûts. Les distributeurs, tout comme les fabricants, sont plus nombreux à développer leurs propres griffes.

Et demain?
Sous l’effet de l’essor du marché domestique, de la hausse des coûts de production et du plan Made in China 2025, la Chine a dépassé son rôle d’usine du monde en accélérant sa montée en gamme industrielle. Les marques occidentales s’y approvisionnent toujours mais font une plus grande part au sourcing de proximité. Les géants chinois de l’habillement relocalisent leur production dans les régions où les coûts sont restés bas (Chine continentale, Asie du Sud-Est, Afrique…) et développent leurs propres griffes. Le consommateur chinois achète davantage et se montre plus fidèle aux marques, tout en devenant plus exigeant sur la qualité, allant jusqu’à privilégier la personnalisation. Partout dans le monde, les Millennials sont la nouvelle génération avec laquelle il faut compter. Ils ont grandi avec le digital et les réseaux sociaux. Leurs attentes – qualité, prix, personnalisation, responsabilité sociale et environnementale, délais de livraison – forcent les chaînes d’approvisionnement à devenir plus agiles.

 

La pression du marché, notamment l’essor de la vente sur Internet, incite fortement les entreprises à se transformer pour s’engager dans l’ère digitale. Les plateformes collaboratives sont devenues une nécessité. Elles facilitent et accélèrent les étapes de création et de développement produit en favorisant le travail d’équipe, en interne et avec les partenaires externes. La hausse des coûts de main-d’œuvre et des tendances telles que la personnalisation des vêtements ont rendu l’automatisation des lignes de production nécessaire. 
Les machines intelligentes aident les fabricants à mettre en place une production ininterrompue, avec peu  d’opérateurs, mais aussi à mieux prendre en compte les préférences individuelles des consommateurs. La circulation et l’analyse des données au sein des usines 4.0 permettent enfin à la production d’être intimement intégrée à l’ensemble de la chaîne de valeur.

 

RUYI
Élaboré par le gouvernement chinois avec pour ambition de moderniser l’industrie du pays, le plan Made in China 2025 invite les entreprises chinoises à adopter des solutions innovantes et ultraperformantes. Cette initiative fait avancer l’économie chinoise à grands pas vers une production intelligente, à haute valeur ajoutée.
Dans l’univers de la mode et de l’habillement, le plan incite notamment les entreprises se lançant dans la personnalisation de masse et le sur-mesure – un segment de marché en forte expansion en Chine – à s’équiper des technologies digitales les plus avancées, fondées sur l’utilisation de données intégrées de bout en bout de la chaîne de valeur.

 

GALERIES LAFAYETTE
Les Galeries Lafayette ont pour ambition de faire passer leurs marques propres
de 6 % à 10 % du chiffre d’affaires d’ici à 2020. En décembre 2016, elles ont lancé la première collection de leur nouvelle marque propre. Pour parvenir à affirmer une identité de style à travers des formes simples
et bien dessinées – ce fameux « effortless chic » français –, les équipes ont
cherché une solution capable d’améliorer les performances d’élaboration
et de gestion des produits.

UNDER ARMOUR
La marque américaine de vêtements de performances sportives Under Armour a inauguré le centre de création et production UA Lighthouse le 28 juin 2016 à Baltimore, aux États-Unis. Elle a choisi Lectra comme partenaire exclusif pour la salle de coupe de son incubateur qui, en adoptant les technologies les plus avancées, a pour vocation de promouvoir les meilleures pratiques et de développer l’efficacité des méthodes de fabrication

LA MODA
La Moda a connu une expansion si rapide qu’elle s’est développée sans avoir pu adapter ses processus. Afin de soutenir sa croissance, l’entreprise devait donc moderniser sa salle de coupe, garantir une production rapide et rentable, tout en conservant ses normes de qualité exigeantes et une originalité qui permet à ses modèles de se distinguer sur le marché.

 

 

(Rapport annuel 2016)